Société

Blitta 1 : Le projet DeZon offre une existence légale à 100 femmes et filles

Dans le cadre du projet DeZon, une initiative conjointe du ministère de tutelle et de la Coopération allemande (GIZ) a permis à une centaine de femmes de la commune de Blitta 1 d’obtenir enfin un jugement supplétif, sésame indispensable pour leur autonomisation et la pleine citoyenneté.

Au Togo, l’accès aux documents d’identification officielle demeure un défi de taille, qui pénalise de manière disproportionnée les femmes et les jeunes filles au sein des communautés rurales. Privées d’acte de naissance, elles se retrouvent marginalisées, exclues des opportunités économiques, des dispositifs de protection sociale et des processus de décision locale. Pour briser ce cercle vicieux, le ministère des Solidarités, du Genre, de la Femme et de la Protection de l’Enfance a déployé, de juin à juillet 2026, une vaste campagne de sensibilisation et d’audiences foraines dans cinq communes pilotes du pays, avec l’appui technique et financier de la Coopération allemande, mise en œuvre par la GIZ à travers son projet DeZon.

Du 29 juin au 3 juillet 2026, cette dynamique a marqué un tournant décisif dans la commune de Blitta 1. L’opération s’est articulée en deux temps : deux (2) journées intenses de sensibilisation et d’enregistrement des bénéficiaires, suivies de trois jours d’audiences foraines rigoureusement menées sur le terrain.

Pour rapprocher l’administration des populations, l’équipe du tribunal de Blitta, solidement conduite par son président, KUSIAKU Komi Agbénowosi, s’est déplacée directement sur trois sites stratégiques de la commune.

Cette organisation de proximité a permis de couvrir efficacement sept cantons : Le site de Blitta-Gare, point de convergence pour les bénéficiaires des cantons de Doufouli, Blitta-Gare et Blitta-Village ; le site de Yaloumbè, qui a centralisé les demandes des cantons de Tchaloudè, Yaloumbè et Waragni  et le site de Pagala-Gare, dédié aux résidentes de ce canton.

Grâce à cette approche mobile, les formalités juridiques souvent perçues comme complexes et coûteuses ont été simplifiées, permettant à 100 femmes et filles de Blitta 1 de voir leur existence légale officiellement reconnue.

Au-delà de la simple délivrance d’un papier administratif, cette campagne redonne de la dignité et de la confiance à celles qui en étaient privées. L’obtention de ce précieux jugement supplétif change radicalement l’avenir des bénéficiaires, comme en témoigne ROBAYOKA Pénim Kossiwa, habitante du canton de Blitta-Village : « Sans acte de naissance, j’avais l’impression de ne pas exister pour mon pays. On ne peut rien entreprendre, ni s’inscrire à une formation, ni demander un crédit pour un commerce. Aujourd’hui, en recevant ce document, je me sens libérée et respectée. C’est une nouvelle vie qui commence, et je sais que je peux enfin participer activement aux projets de notre communauté. »

L’initiative ne s’arrête pas à la commune de Blitta 1. À l’échelle nationale, la campagne cible au total 500 femmes et filles à travers cinq communes (Sotouboua 2, Blitta 1, Est-Mono 2 et Haho 1), tout en sensibilisant plus de 1 000 personnes sur l’importance capitale de l’enregistrement des naissances.

En mobilisant le conseil communal, les chefs traditionnels et les professionnels de la justice, le projet DeZon réussit le pari d’impliquer toutes les parties prenantes du développement local. À travers ce partenariat fructueux, la Coopération allemande réaffirme son engagement constant aux côtés du gouvernement togolais pour la promotion des droits humains, l’égalité des genres et l’inclusion juridique, conditions sine qua non d’une croissance durable et partagée.

La Rédaction.

 

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