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Blitta : Le CIRPEF et ses partenaires se mobilisent pour la reforestation et la protection des parcs étatiques

À l’occasion de la Journée Mondiale de l’Environnement célébrée ce 5 juin 2026, le Conseil Interprofessionnel de Régulation et de Promotion des Essences Forestières (CIRPEF), section Blitta, a marqué cette journée par son engagement pour la nature. À travers une double initiative : le lancement d’une vaste campagne de reboisement et la sécurisation des accès aux aires protégées, les acteurs de la filière bois, en collaboration avec la commune de Blitta 3, affichent leur détermination à accompagner l’État togolais dans sa politique environnementale.

Cette ambition de taille est de reboiser une superficie totale de 18 hectares dans la préfecture de Blitta en y mettant en terre 25 000 plants, principalement composés d’essences locales et menacées telles que le Khaya senegalensis (caïlcédrat), le Melina et le Teck. Ce projet d’envergure s’inscrit directement en soutien à la vision nationale portée par le Président du Conseil, qui vise à planter un milliard d’arbres à l’horizon 2030.

Pour ce lancement officiel, c’est le site du village de Koui, situé dans la commune de Blitta 3, qui a servi de cadre à la mise en terre des 5 000 premiers plants sur une parcelle de 3 hectares.

L’événement a débuté par les mots d’accueil de M. ABOTCHI Kossi Toussaint, Secrétaire Général de la mairie de Blitta 3. Portant la voix de l’autorité communale, il a exprimé la gratitude de la municipalité face à cette action citoyenne : « C’est un honneur pour notre commune d’abriter le lancement de cette campagne. La question environnementale nous concerne tous, et la municipalité de Blitta 3 réaffirme tout son soutien aux acteurs de la filière bois qui s’investissent aujourd’hui pour léguer un héritage vert aux générations futures. »

Prenant la parole à sa suite, le président régional du CIRPEF, M. TAÏROU Mouikaïlou, a insisté sur le fait que la préservation de la nature ne peut reposer sur les seules épaules de l’État. Pour lui, la mobilisation de toute la chaîne de valeur du bois et des communautés locales est indispensable : « Atteindre les objectifs de 2030 demande l’effort de tous. L’État seul ne peut pas le faire. Il est tout à fait normal que nous exploitants, pépiniéristes, transformateurs et communautés de Blitta l’accompagnions. Ce reboisement n’est plus l’affaire d’une seule personne. Nous mettons en terre aujourd’hui des essences en voie de disparition comme le caïlcédrat et le mélina, qu’on ne retrouve presque plus, au même titre que le lengué, l’iroko ou le tali. Nous devons nous approprier cette mission car la forêt est notre source de matières premières et le garant de notre équilibre. »

Cette démarche volontariste des opérateurs économiques a été chaleureusement saluée par les autorités forestières présentes, qui y voient un modèle de partenariat public-privé en faveur de la biodiversité.

Le Directeur Régional de l’Environnement, le Lieutenant-Colonel ALEDI Palakyém, a officialisé le lancement de la campagne en encourageant la pérennisation de cet effort : « Le CIRPEF est une association d’opérateurs économiques du bois qui ont pris sur eux l’engagement, en cette Journée mondiale de l’environnement, d’accompagner le gouvernement. Nous les encourageons à continuer ainsi tant que dure la saison des pluies. Cette activité est d’autant plus louable qu’elle se double d’une action forte pour la protection de nos parcs. »

Le second volet de cette journée s’est déroulé à la lisière du Parc National Fazao-Malfakassa. Face au constat alarmant de la création de voies d’accès illicites par des réseaux clandestins, le CIRPEF a financé et installé des barrières physiques pour bloquer définitivement ces entrées frauduleuses.

Pour symboliser cette alliance, la délégation s’est rendue sur place pour remettre officiellement les clés de ces dispositifs de sécurité aux conservateurs de l’État.

En recevant les clés, le Lieutenant-Colonel DETY K. Amouzou, conservateur du parc national Fazao-Malfakassa, a exprimé son soulagement tout en rappelant les attentes de l’administration :

« Cette action du CIRPEF est une véritable marque de collaboration et d’intentions positives vis-à-vis de la gestion des ressources forestières au Togo. Le parc de Fazao-Malfakassa est un patrimoine pour tous les Togolais. Nous supposons que cette démarche est sincère et que nous n’aurons pas à constater d’autres dégâts à travers le parc qui pourraient créer des mésententes. Au nom des autorités ministérielles, je remercie le président du conseil et ses collaborateurs. Nous serons ensemble à chaque fois qu’il faudra les accompagner. »

La protection de cette réserve ne se fera pas sans l’appui des populations riveraines, qui agissent déjà comme des sentinelles. Le chef du village de Koui, EVIOUNOU Komla Kouma, a d’ailleurs souligné la dimension sacrée et historique de cette vigilance : « Le hasard fait bien les choses, car cette barrière est installée juste au niveau de notre forêt sacrée. Depuis l’époque de nos aïeux, chaque paysan, chaque travailleur sait qu’il y a des limites à ne pas dépasser. Ce que l’État et le CIRPEF ont mis en place aujourd’hui, je le soutiens entièrement. Désormais, chacun sait où s’arrêter et personne n’osera plus empiéter sur le domaine du parc. »

Pour garantir l’efficacité de cette initiative à long terme, le CIRPEF ne compte pas s’arrêter là. L’organisation a d’ores et déjà installé des bureaux et des points focaux dans les villages environnants de toutes les communes de Blitta, assurant ainsi une surveillance communautaire permanente aux côtés des agents des eaux et forêts.

Brice E.

 

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