Protection des données à caractère personnel : Les acteurs de l’état civil en formation à Blitta
L’Agence Nationale de Formation des Collectivités Territoriales (ANFCT) de Blitta accueille, depuis ce lundi 20 avril 2026, un atelier de cinq (5) jours consacré à la protection des données à caractère personnel. Cette initiative conjointe de l’IPDCP et de l’ANFCT vise à sécuriser l’identité des citoyens au cœur des 117 communes du Togo.

Dans un contexte marqué par la digitalisation croissante des services publics, la sécurité des informations identitaires est devenue une priorité régalienne. Cette initiative, fruit d’un partenariat entre l’Instance de Protection des Données à Caractère Personnel (IPDCP) et l’ANFCT, vise à transformer les pratiques au sein des 117 communes du Togo.
La gestion de l’état civil ne se limite plus à la simple tenue de registres. Comme l’a souligné DENYO Komi Dodzi, Directeur Général de l’ANFCT, l’objectif est de sensibiliser les parties prenantes au cadre réglementaire actuel. « C’est l’occasion pour nous de recueillir les difficultés que ces acteurs rencontrent au quotidien afin de formuler des formations innovantes qui répondent réellement à leurs besoins », a-t-il précisé lors de son intervention.
Pour le Colonel BELEI Bédiani, le consentement, la finalité et la proportionnalité doivent désormais guider chaque acte de collecte. « Les données traitées doivent être sécurisées, et les citoyens doivent pouvoir exercer leurs droits », a-t-il rappelé avec fermeté.
En ouvrant les travaux de cet atelier, le préfet de Blitta BATOSSA Boukari, représentant le ministre de l’Administration Territoriale, de la Gouvernance Locale et des Affaires Coutumières, a souligné le caractère sacré de l’identité du citoyen togolais. Il a rappelé que la modernisation de l’administration ne peut se faire au détriment de la vie privée, exhortant les agents à une vigilance accrue. Pour le représentant du ministre, la maîtrise des enjeux de cybersécurité et du cadre légal est désormais un pilier indispensable de la décentralisation, garantissant ainsi une relation de confiance durable entre l’État et ses administrés.

Sur le terrain, les défis sont réels. BIALABNA Abaloutou, juriste à l’IPDCP, note que des abus subsistent parfois dans l’usage des données collectées. La formation insiste donc sur l’arsenal juridique togolais, la loi n°2019-014 du 29 octobre 2019, qui prévoit des sanctions pour tout manquement.
Pour les bénéficiaires, cet atelier est une bouffée d’oxygène. ADJA ATTISSOGBE Komivi Jérémie, agent d’état civil à Agoè-Nyivé 1, témoigne : « Qu’il s’agisse d’actes de naissance ou de services fiscaux, nous recueillons une masse d’informations sensibles. Cet atelier vient à point nommé pour nous édifier sur les dispositions législatives afin de sécuriser les informations de nos administrés. »

Le programme, structuré en quatre modules, couvrira aussi bien la politique nationale de l’état civil que la gestion technique des archives et la prévention des risques liés aux traitements informatisés. En mobilisant agents municipaux, chargés de contrôle de légalité, autorités judiciaires, Assistants des secrétaires généraux des gouvernorats, Agents du ministère du MATGLAC et Agents du ministère du MJDH, le Togo franchit une étape décisive vers une administration territoriale plus transparente, sécurisée et respectueuse de la vie privée.
Brice E.




